Haïda Gwaïi — Au bout du monde
Fin d’été sur Haida Gwaïi — j’ai enfin coché l’extrême ouest du pays sur la liste (Canuckistan). Ici, la côte s’étire sans fin, la terre s’efface dans le Pacifique, et le brouillard peut cacher une baleine.
Le début du voyage
À peine sortis du traversier de nuit, on a pris la route vers les plages du nord, à la recherche de vagues — rares en été. Sans plan, sans horaire, juste le temps. Entre deux marches, on a ramassé quelques sacs de plastique échoués. Parmi les trouvailles, une étiquette venue de Corée, marquée 거북 (Tortue) et 부산 (Busan). Même l’océan raconte des histoires.
Les routes scéniques
Plus loin, les routes forestières abruptes mènent à Bonanza Beach, dans la réserve du Duu Guusd Conservancy. Une plage bordée de cèdres géants, de bois flotté et d’ormeaux rouges, où les vagues rythment la nuit et les aigles veillent au matin. Ici, on se sent vraiment au bord du monde.
Haïda Gwaïi n’est pas qu’un paysage : c’est le territoire ancestral d’une culture millénaire d’Amérique du Nord. Les cèdres sculptés veillent sur la côte comme des gardiens ancestraux ; tout ici respire la mémoire et le respect.
Plus que surfer
Surfer à Haïda Gwaïi, c’est comme attendre que les biscuits sortent du four. On ne peut pas presser l’océan. Il faut marcher, écouter, ramasser des cailloux, attendre le bon moment. Et quand la vague arrive, on glisse — humble et reconnaissant.
Ce n’est pas une quête de performance, mais de présence.
Ces moments-là, partagés avec nos proches, nous rappellent de ralentir, de regarder, d’attendre et de garder les souvenirs
Un aurevoir
Haïda Gwaïi est brute, lointaine, magnifique. Une autre page du carnet remplie, une promesse de retour — quand les houles d’hiver reviendront.
Photos : Antoine Caron Cabana